Le service civique en 5 étapes

Étape 4 : Accompagner et former des volontaires

La loi sur le service civique impose un certain nombre d'obligations quant à l'accompagnement des volontaires par leur structure d'accueil. Les jeunes doivent recevoir un appui sur trois thématiques.

L'accompagnement à la mission

Il s'agit d'un accompagnement technique et quotidien. Expliciter la mission, donner les moyens au jeune de remplir sa mission (formations techniques), s'assurer du bien-être du volontaire dans ses actions, l'aider à trouver des solutions, à progresser : autant de pistes à explorer pour le « tuteur technique » du jeune, qui sera son référent régulier.

La formation civique et citoyenne

La loi prévoit un temps de sensibilisation à la citoyenneté lors du service civique. Ce temps doit permettre de prendre du recul sur sa mission, proposer d'aborder un thème un peu différent du quotidien des volontaires, et favoriser les échanges entre pairs (pour les volontaires isolés dans des structures, la formation civique est l'occasion de rencontrer d'autres jeunes engagés et de partager leurs expériences respectives).
Le cadre d'organisation de la formation civique est souple : il est conseillé de proposer deux à trois journées de formation, dont une de « visite » (dans une institution de la République par exemple).
Votre rôle sera :

  • Soit d'organiser vous-même une formation (qui peut mobiliser des bénévoles et être ouverte à des volontaires extérieurs à votre structure).
  • Soit d'inscrire vos volontaires à des journées proposées par d'autres organismes (les fédérations associatives proposent souvent des journées de regroupement ouvertes aux volontaires extérieurs).

Une formation au PSC1 (premiers secours) est aussi obligatoire. Elle est organisée par les sapeurs-pompiers. Votre devez inscrire vos volontaires aux sessions organisées sur votre territoire. A noter : la formation PSC1 est prise en charge directement par l'Agence en lien avec les formateurs, vous n'avez rien à avancer.

L'accompagnement au projet d'avenir

Chaque jeune doit pouvoir consacrer un temps de son volontariat à la construction de son projet d'avenir.
Il ne s'agit pas de trouver un emploi à chaque jeune ou de garantir son inscription en formation : il n'est pas attendu de vous des compétences de conseiller d'orientation ou d'insertion.
Il s'agit plus d'aborder le sujet de l'après volontariat pour éviter que cette période d'engagement, pour laquelle un jeune offre de son temps pour la collectivité, ne se clôture sur rien.
Il vous incombe donc de proposer un cadre pour cet accompagnement, qui peut consister en :

  • Des entretiens d'identification de projets (Voyage ? Etudes ? Emploi ?).
  • Une recherche de formations complémentaires.
  • L'ouverture d'un réseau pour favoriser des rencontres professionnelles.
  • De l'aide à la définition des compétences, etc.

Il est préférable de pouvoir adapter sa réponse au cas particulier de chaque jeune rencontré.

Ces trois formes d'accompagnement doivent s'articuler au fil de la mission. Nous pouvons identifier trois phases dans une mission de service civique : l'accueil, le long cours, la conclusion. En fonction du profil du volontaire et de sa capacité d'adaptation au projet, à vous de définir quand aborder les différents points de la formation.

Attention : un écueil connu consiste à reporter la question du projet d'avenir au dernier mois de mission. Il est alors difficile dans bien des cas de pouvoir proposer de l'aide au jeune. Mieux vaut imaginer un premier temps de réflexion sur ce thème dans les premières semaines de mission pour anticiper d'éventuels besoins (échéances d'inscription en formation, salon professionnel auquel se rendre, etc.).

L'accompagnement des tuteurs

Devenir tuteur de volontaire demande d’acquérir des connaissances de base : dispositions administratives, objectifs du service civique, modalités d’accompagnement à mettre en œuvre. Si ce n’est pas obligatoire, il est vivement conseiller de former chaque nouveau tuteur avant de se lancer dans le recrutement, l’accueil, l’accompagnement d’un volontaire.

Lorsque le tuteur aura acquis un peu plus d’expérience, il sera nécessaire de lui proposer des formations plus spécifiques portant sur l’accompagnement quotidien (permettant d’aborder l'entretien individuel, l'accompagnement, la posture…). Deux options s’offrent à vous : vous pouvez inscrire vos tuteurs aux formations gratuites organisées par les référents service civique des DRDJSCS ou vous pouvez, si vous êtes une fédération par exemple, organiser vos propres formations au cours desquelles vous pourrez passer les messages propres à votre association.

Trucs et astuces

Accompagner un volontaire confrontera les tuteurs à de nouvelles questions, des remises en cause… Si cela peut être une expérience enrichissante elle peut isoler une personne qui serait seule responsable du volontaire. Il faut que l’ensemble de l’équipe se sente responsable de la réussite de l’expérience. Pour ce faire, associez-là à la définition de l’accompagnement du jeune : avant l’arrivée des volontaires, pour les tuteurs, déterminez quels sont :

  • Leurs objectifs.
    Par exemple : un rendez-vous hebdomadaire d’une heure.
  • Leur champ d’intervention.
    Par exemple : il est possible de répartir les responsabilités de l’accompagnement (mission, projet d’avenir, formation civique et citoyenne) entre plusieurs personnes. Certaines fédérations appellent ce principe le « double-tutorat », cela peut avoir un réel intérêt pour le volontaire, dans la mesure où la répartition des tâches entre les différents accompagnateurs est comprise par tous et où cela offre au volontaire un cadre d’écoute privilégié, libéré des éventuelles pressions liées à la réalisation de la mission.
  • Leur référent sur cette mission.
  • Leurs ressources en interne.
    Par exemple : un carnet du volontaire édité par l’association ou les autres acteurs de l’association en prévoyant un temps de présentation de leurs métiers.
  • Leurs ressources en externe sur les sujets où des structures peuvent être sollicitées.
    Par exemple : organismes de formation pour l’accompagnement technique ; Mission Locale ou référent service civique de la fédération pour l’accompagnement au projet d'avenir.

Il est intéressant, en particulier pour les fédérations de construire un « double-tutorat », par exemple : un tuteur dans la fédération chargé de l’accompagnement administratif, au projet d'avenir et de l’organisation de la formation civique et citoyenne et un tuteur dans l’association chargé de son accompagnement et de sa formation à la mission, présent au quotidien. Le double tutorat apporte une réponse aux risques liés à l’éloignement géographique et permet de mutualiser les outils et du temps de travail (recrutement et formation civique et citoyenne notamment).

Lorsque plusieurs tuteurs œuvrent dans votre association, vous aurez intérêt à créer des espaces d’échange entre eux et à les encourager à mutualiser leurs outils. Soyez vigilant à ce que les volontaires identifient précisément les rôles de chacun des tuteurs, qu’il sache qui est référent sur quel sujet et faites en sorte que cette répartition soit cohérente avec les disponibilités des tuteurs.

Enfin, spécifiquement pour les fédérations, il est intéressant de prévoir des modalités d’accompagnement en cas de conflit entre un jeune et la structure qui l’accueille. Au-delà de la médiation que la fédération doit apporter, elle peut aussi envisager de replacer un jeune dans une autre association membre afin d’éviter au jeune de vivre une situation d’échec.

Organiser une formation civique et citoyenne

Profitez de la formation civique et citoyenne pour favoriser les rencontres entre volontaires. Ce sont les formations collectives qui marquent et motivent le plus les jeunes. La formation peut être organisée au niveau local par le référent DRDJSCS mais vous pouvez aussi organiser de façon autonome une formation inter-associative. Les fédérations prennent généralement en charge l’organisation de ces formations pour leurs membres.

La formation civique et citoyenne doit permettre aux jeunes de prendre du recul par rapport à leur activité quotidienne. Cet élément est décisif, il participe à la différenciation entre volontariat et salariat. Il ne s’agit donc pas de proposer une formation technique qui ait pour objectif de donner des compétences aux jeunes pour réaliser sa mission. En ce sens, dans le programme, vous pouvez par exemple, prévoir un temps de débat entre les jeunes sur le service civique, ses enjeux, leur expérience…

Trucs et astuces

Pistes de programme

Participer à une « formation civique et citoyenne » ne fait pas rêver beaucoup de jeunes. Et pourtant, quand elles sont bien organisées, participatives et que le contenu est intéressant, elles sont appréciées et donnent un nouveau souffle à la mission. Mobiliser les jeunes pour qu'ils s’inscrivent et participent sera parfois ardu. Il est donc important d’annoncer aux volontaire et tuteur dès le début qu’il s’agit d’un temps obligatoire inhérent à la mission, de prévoir la date en début de mission, de préparer le jeune à la rencontre avec les autres participants et de leur faire prendre conscience du sens de la formation.

Deux exemples de programmes intéressants

Formation en trois temps :

  1. Une journée en début de mission portant sur :
    • le service civique,
    • la présentation de l’association et de ses enjeux,
    • débat sur la place et le rôle des jeunes volontaires dans le projet.
    • Préparation de la deuxième journée.
  2. Les jeunes participent seuls ou à deux à une exposition, une conférence, etc. de leur choix qui peut avoir lieu dans les premiers mois de la mission.
  3. A une date prévue en amont, ils se réunissent et le tuteur anime les échanges : chacun doit présenter ce qu’il a vu, compris et ils décryptent et débattent ensemble de ce qu’ils ont appris.

Sur la thématique de la justice :

  • Une première journée de visite au palais de justice où les volontaires assistent à des comparutions immédiates, suivie par un débriefing à chaud sur les comparutions.
  • Une seconde journée avec une intervention du GENEPI pour décrypter ce qu’il s’est passé au cours des comparutions immédiates, débattre de la justice en France et avoir un éclairage sur son système judiciaire.